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Diggers

Ensemble – Musique et Vidéo
Musique : Jean Paul Buisson - piano / Serge Coquais - guitare / François Lebègue – clarinettes
Vidéo : Bérénice Palier - partition (I) et projection (II)

Diggers - image

Créé le 23 mai 2012 au MuMa, questionnement continu de la coupure entre le Faire et l’Entendre (Michel Chion), work in progress infini, ce spectacle inclut simultanément tous les codes du concert et de la projection, mais aussi la mise en oeuvre simultanée d’ingrédients originaux : partition vidéo, traitements sonores, projection sur un tulle, et traditionnels : trio clarinette / guitare / piano, improvisation, éclairage de scène, projection frontale. La corrélation entre l’ouïe et la vue, entre le geste musical et le son résultant s’y trouve bousculée, l’évidence mise en question(s). Le spectateur livré à ce tissage de sensations s’abandonne très vite à son imaginaire créatif, devient l’auteur unique de son « oeuvre - écoute », laissant les questions en chemin pour mieux les partager avec nous à l’issue de la représentation.

Musique
Passionnés depuis nos premières notes par toutes les formes de l’art, de la musique contemporaine, nous avons périodiquement entrepris d’explorer des territoires composites mêlant l’écrit, l’improvisé, l’instrumental, l’électroacoustique, et d’interroger la relation de la musique avec la danse, les arts plastiques, le cinéma, la littérature, la poésie, le théâtre, le cirque...
Diggers s’inscrit dans cette démarche, mais rompt avec la volonté d’élaborer une création achevée, donc avec tout ce qu’induit cette idée de finalité.
La complexité du projet, la certitude vite apparue que le questionnement mettrait en évidence plus de nouvelles interrogations que de réponses, nous a incités à retrouver – une fois posé le matériau sur l’établi – la fraîcheur, la spontanéité, le cheminement intuitif d’un groupe de quatre artistes engagés dans un processus d’élaboration collective.
Après de multiples essais, écriture de la musique sous la forme d’une partition graphique, réalisée par Bérénice Palier, vidéaste, et diffusée aux musiciens – François Lebègue, clarinettes / Serge Coquais, guitare / Jean-Paul Buisson, piano - sur trois moniteurs vidéo.
Puis expérimentation de traitements sonores asservis à la partition, par une succession d’improvisations libres, le choix se portant très vite sur un nombre limité de processeurs d’effets grand public, pour mieux éviter le formatage qu’induit la tentation technologique, mieux se contraindre à la simplicité des matériaux pour stimuler l’élan artistique.
Élaboration d’une scénographie basée sur la mise en œuvre simultanée :
• d’ingrédients traditionnels : trio clarinette / guitare / piano, improvisation, éclairage de scène, projection frontale, diffusion sonore en 5.1
• et originaux : partition vidéo, traitements sonores détournés, projection sur un tulle permettant l’apparition des musiciens, brute ou transformée par la rémanence des images sur leurs corps et leurs instruments.

Vidéo
(I) J’ai commencé mon travail par des recherches sur les partitions graphiques existantes. Je m’en suis inspirée, j’ai imaginé différentes formes, codes couleurs, rythmes qui correspondraient à une certaine musicalité. Mais le résultat ne me convenait pas, il était trop rigide. Les formes conçues étaient vides de contenu, elles existaient sans finalité autre que de ressembler à des notes que je ne maîtrisais pas, n’étant pas musicienne. Il a donc été décidé en lien avec les musiciens de repartir de zéro et d’imaginer une autre forme, une autre façon de concevoir une partition graphique. J’ai alors écrit une histoire, traduite en images, en formes et couleurs, indépendamment de la musique, uniquement en lien avec ma narration. Le résultat s’est avéré bien plus probant : un début, des séquences, des ruptures, des personnages, une chute... autant de composantes possibles pour une traduction musicale de la partition vidéo : ouverture, mouvements, modulations, variations, final... et autant d’espaces aptes à nourrir et cadrer l’improvisation et l’interprétation musicale.
(II) Pour la projection destinée au public, j’ai voulu que les images projetées ne soient pas purement abstraites. Bien au contraire, elles proviennent de captations diverses. Leur forme ne permet pas de reconnaître le contenu, même si parfois quelques détails s’échappent. Chaque spectateur est libre d’interpréter les images, d’imaginer, de déambuler dans l’univers qu’il s’est créé.

La vidéo a été conçue d’après la musique, à l’inverse de la partition qui a été le moteur de la musique. J’interprète donc une transcription de ma narration originale. Il s’agit alors d’un nouvel univers que je dois m’approprier, au même titre que les musiciens interprétant leur partition. La boucle est bouclée, le public est alors le témoin actif de cet acte de création.

Diggers - capture
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  • Diggers - projection
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